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Faire voler un drone de nuit est interdit … sauf dérogation accordée aux professionnels exploitants



J’ai récemment entendu de la bouche d’un pseudo spécialiste de la réglementation française applicable aux drones qu’il était interdit de faire voler un drone la nuit. Comme cette affirmation était assénée de manière catégorique et assortie d’aucune exception, je trouvais utile de faire le point sur une réalité plus nuancée.


Comme nous venons de réaliser des prises de vue vidéo par drone sur un chantier de démolition en pleine nuit et sans lune, je vais vous expliquer pourquoi notre prestation était légale, comment nous avons procédé, quelles démarches nous avons accomplies, quels documents nous avons renseignés et quels sont les risques d’une mission de prises de vue par drone la nuit, sur quels points spécifiques nous devons porter notre attention pour réaliser ce type de prestation afin de produire des photos ou des vidéos aériennes nocturnes par drone en toute sécurité.

Find the article that we devoted to the french regulation applicable to drone flights during the aeronautical night and the good practices to follow in order to guarantee safe flights. Flying-a-drone-by-night-is-prohibited-in-france-except-for-an-exemption-granted-to-professionals-uav-operators

Un drone peut-il voler la nuit ?

Il n’est pas possible de répondre brutalement à cette interrogation sans prendre en compte le contexte dans lequel le drone est utilisé. Il faut en préambule s’entendre sur l’utilisation qui est faite du drone car la réglementation spécifique aux drones distingue 3 régimes en fonction, non pas du drone utilisé mais de l’usage qui en est fait.


3 régimes d’exploitation d’un drone fixent le cadre réglementaire applicable :


  • Une utilisation qui relève du loisir (il peut aussi s’agir de compétition)

  • Des vols dits d’expérimentations, destinés à la mise au point des machines et leurs systèmes de commande.

  • Dans tous les autres cas, il s’agit d’une « activité particulière » qui est soumise à un cadre réglementaire spécifique.


Qu’est-ce qu’une "Activité Particulière" en aviation générale ?

Les activités particulières définissent l’utilisation d’un aéronef pour des missions spécifiques, professionnelles pour l’essentiel, qui nécessitent des savoir-faire particuliers (ainsi que des procédures souvent liées à la sécurité) qui ne sont pas appris et validés dans le cadre du pilotage courant. A titre d’exemple, le pilote d’avion qui tracte une banderole, celui qui largue des parachutistes, celui qui exerce dans le cadre d’une mission de prises de vue photo ou vidéo, ou encore le pilote d’hélicoptère qui réalise le transport de charges sous élingue opère dans le cadre d’une activité particulière. L’exploitation de drone est donc venue s’ajouter assez naturellement à cette liste, non exhaustive, puisque les drones sont considérés comme des aéronefs… qui circulent sans personne à bord.

Un aéronef est un appareil capable de s’élever et de se déplacer dans les airs comme par exemple un avion, un planeur, un ulm, un hélicoptère, une montgolfière, … et maintenant un drone.


Dans la pratique, et pour simplifier mon propos, nous allons retenir deux cas d’usage : Le LOISIR. C’est à dire l’utilisation d’un drone dans un cadre personnel et récréatif qui exclut par définition un contexte professionnel ou utilitaire (même sans rémunération). L’activité PROFESSIONNELLE. C’est le cas de DCOMDRONE


Faire voler un drone la nuit est-il interdit ? On peut maintenant répondre de manière éclairée

OUI. Un drone ne doit pas être utilisé la nuit. Cette restriction vaut pour les usages de loisir comme professionnel. Les drones ne peuvent être utilisés que de jour, c’est-à-dire du début de l’aube jusqu'à la fin du crépuscule. Dans la pratique, en France métropolitaine, le vol est possible à partir de 30 minutes avant le lever du soleil et jusqu'à 30 minutes après son coucher. Les horaires du soleil


Sauf que la réglementation a heureusement pris en compte la possibilité de dérogations accordées dans le cadre d’une utilisation professionnelle.

C’est la raison pour laquelle je parlais en introduction de réalité nuancée.


L’exploitant de drone civil peut donc répondre favorablement à une demande de prestation de prises de vue par drone de nuit.

Dans le secteur du BTP par exemple, bon nombre de chantiers vont s’interrompre pendant la nuit pour limiter les nuisances sonores subies par les riverains mais, à l’opposé, certains chantiers ne seront programmés que la nuit pour préserver les activités comme dans le cas de la démolition d’un pont qui oblige à couper la circulation.

Ecran de contrôle d'une prise de vue par drone

Il nous arrive aussi de réaliser des missions de captation de trafic routier urbain qui nous amènent à opérer sur des tranches horaires critiques qui, surtout l’hiver, sont trop tôt le matin pour être de jour ou bien au-delà du coucher du soleil. Il en sera de même pour produire des prises de vue photo ou vidéo spectaculaires d’un tir de feux d’artifice ou un spectacle nocturne.


Pour notre dernière prestation drone de nuit, et comme à chaque fois, nous nous sommes d’abord félicité que cette commande nous arrive suffisamment tôt pour entreprendre, dans les temps, les démarches nécessaires.


Comment obtenir une dérogation à l’interdiction de faire voler un drone pendant la nuit aéronautique ?

En complément des démarches habituelles, nous avons fait une demande de dérogation auprès de la préfecture compétente. Pour cela nous avons renseigné un document spécifique et l’avons adressé 30 jours avant la première date de vol. A ce stade, la particularité d’un vol de nuit réside dans les dispositions à prendre pour assurer l’éclairage du site et de la zone de décollage et d’atterrissage ainsi que le dispositif d’éclairage du drone qui permettra de préserver les conditions de "vol en vue" qui restent un impératif.


Il existe un cas particulier qui pour une fois simplifie les démarches. C’est le cas d’un vol à proximité d’un aérodrome ou dans un espace aérien contrôlé ou réglementé. Ces zones sont par définition sous le contrôle d’un gestionnaire qui peut lever une interdiction de vol et donc permettre la réalisation d’une prestation par drone de nuit.


C’est par exemple le cas de la zone P23 établie au-dessus de la ville de Paris (P pour prohibited), une zone interdite de survol, de jour comme de nuit, dans laquelle nous avons l’occasion de réaliser fréquemment des reportages photo ou vidéo par drone avec bien sûr l’accord de la préfecture de police de Paris.


Au bout de 3 semaines nous avons reçu un avis positif de la préfecture sous la forme d’un arrêté préfectoral portant autorisation pour nos prises de vues aériennes nocturnes par drone. Cet arrêté a été établi après l’avis favorable du service de la défense territorialement compétent et de la direction de la sécurité de l’aviation civile.


Prise de vue par drone de nuit sur un chantier de démolition

Quels sont les risques à faire voler un drone la nuit ?

Les risques qui s’ajoutent à ceux connus dans le cadre du télé-pilotage d’un drone réalisé de jour tiennent essentiellement à l’environnement. Surtout dans le cas d’une nuit sans lune, parfaitement noire, le télé-pilote aura bien des difficultés à visualiser les obstacles que peuvent représenter la végétation, les bâtiments, les lignes électriques et leurs pylônes, les antennes de toutes sortes ou autres obstacles à proximité de la zone survolée. Face à ces conditions de vol, le premier impératif est d’être sur place bien avant la nuit de manière à visualiser, observer et surtout mémoriser l’environnement proche.


Afin de garantir les conditions de "vol en vue", le drone dispose d’un éclairage permettant au télépilote de le voir en permanence mais il est souvent impossible de distinguer un obstacle à proximité du drone s’il n’est pas éclairé. A force d’observer le drone dans la nuit noire, la pupille se dilate et donc les conditions d’observations s’améliorent mais à chaque fois que le télépilote va regarder son écran de contrôle pour connaître les informations de télémétrie comme l’éloignement, la hauteur de vol, la vitesse, l’orientation du drone et l’autonomie de vol, sa pupille va se rétracter pour s’adapter à la lumière de l’écran, le plongeant de nouveau dans le noir dès qu’il relèvera la tête en direction du drone.

Il est donc impératif de parfaitement identifier et garder à l’esprit les limites de la zone survolée et bien sûr de les respecter au risque de percuter un obstacle, interrompre la prestation, devoir assumer les conséquences financières et enfin, laisser un mauvais souvenir de sa prestation.


Chez DCOMDRONE, notre réponse professionnelle est de recommander la mise en oeuvre d’un binôme composé d’un télépilote et d’un cadreur afin d’éloigner au maximum la prise de risque inhérente aux conditions de vol décrites plus haut. Cette configuration offrira par la même davantage de possibilité de réalisation de plans complexes et spectaculaires.


Tous les drones dédiés à la photo ou video ne sont pas adaptés aux prises de vue de nuit.

Les caractéristiques et en particulier la sensibilité des capteurs photo et vidéo embarqués conditionnent la qualité des images produites. Donc tous les drones ne sont pas recommandés pour ce type de prestation. Notre préférence va au DJI Inspire2 équipé d’un capteur à objectif interchangeable qui nous permettra de choisir une optique lumineuse mieux adaptée aux faibles conditions de lumières.

En résumé

  • Interdiction de faire voler un drone de nuit dans le cadre d’une utilisation   personnelle ou de loisir.

  • Autorisation accordée aux télépilotes professionnels par dérogation avec un délai d’instruction qui peut être de 30 jours.

  • Privilégier l’intervention d’un binôme constitué d’un télépilote et d’un cadreur.

  • Exploiter un drone adapté aux prises de vue de nuit.

Si vous souhaitez en savoir plus, n’hésitez-pas à nous contacter.

Nous serons ravis de vous écouter et vous conseiller.

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